Brexit ! En finir avec la désinformation

brexitLe #Brexit a ébranlé la sphère politico-médiatique, c’est le moins que le puisse dire. Le courant de pensée Européiste et néo-libéral, nourri dès le biberon à la propagande post-Reagan ou post-Thatcher, s’est réveillé, ce 24 Juin, avec la gueule de bois et n’en finit pas de déverser son ire sur la population de sa gracieuse majesté.
Les premiers constats économiques concrets de cette journée du vendredi tiennent en trois points :

1/ La Bourse de Londres a subi une baisse, mais très mesurée comparée aux autres capitales Européennes;

2/ Les principales valeurs à avoir dévissé sont les valeurs financières;

3/ La livre a dégringolé;

Tâchons d’y voir plus clair.

La Bourse de Londres est solide. Elle sait qu’elle « tient » les bourses européennes et que les flux financiers n’ont pas de frontières. Par ailleurs, les industriels britanniques ne sont pas idiots. Ils savent qu’au lendemain du vote, une période transitoire de deux ans va s’ouvrir, période durant laquelle une solution sera trouvée au problème que leur pose réellement ce Brexit, à savoir les accords commerciaux. Car même si les médias toujours dégoulinants d’émotionnel s’en préoccupent, les financiers, eux, se moquent de façon équivalente de la situation des immigrants, des touristes, des expatriés et des étudiants Erasmus.

Ils savent aussi que certains sièges sociaux d’entreprises vont se délocaliser vers l’Irlande, pays voisin et pays frère concernant les affaires. Mais la City ne s’attend pas à un phénomène de masse, la fiscalité anglaise n’est pas assez favorable pour être attrayante aux yeux des chasseurs d’optimisation fiscale. Sur ce plan, Dublin, c’est mieux.

Alors que craindre ? En fait, rien. A la limite, que du mieux, car l’axe franco-allemand a, depuis longtemps, isolé Londres de son coté de la manche et même les marchés commençaient à en avoir assez de ce grand n’importe quoi imposé par Bruxelles. La banque d’Angleterre va pouvoir avoir les coudées franches, la livre sterling ne sera plus influencée ni par cet Euro insensé sur un plan monétaire, ni par le Quantitative Easing qui met la finance internationale en danger permanent.

Par contre, ailleurs, le valeurs financières, et en premier lieu les banques, elles, ont souffert. Et c’est logique. La bourse aime les équations simples. L’Union Européenne profite aux financiers et essentiellement aux financiers. Toute menace sur l’Union Européenne menace donc les financiers et il est donc prudent de se débarrasser de ces valeurs, la plupart surcotées en raison des bons soins de M. Draghi. Rien à craindre, malgré tout, elles ont de la marge.

Le dernier fait marquant est la baisse de la livre, à peu près 10%. Et c’est sur ce point précis que les fanatiques du libéralisme européen ont axé leur campagne de désinformation.

Par un hallucinant raccourci qui ne se base sur aucune vérité économique, ils ont décrété que la baisse de la livre appauvrissait le peuple britannique.

Sur un plan philosophique, réduire toute une économie à sa monnaie est bien un réflexe « Friedmanien ». C’est faux,  mais ça parle. Sauf que c’est faux. Alors rappelons quelques bases d’économie à ceux qui hurlent avec les loups.

La monnaie se veut le reflet d’une économie. Dans un contexte de monnaie flottante, elle permet de déterminer de façon à peu près fiable la vigueur de cette économie vis à vis des marchés des changes. Elle est donc soumise, comme les actions et les obligations, à la variation des cours boursiers.

Pour les industriels britanniques qui vont exporter vers l’Europe, et même le monde si on  part du principe que la baisse de la livre est équivalent vis à vis de toutes les monnaies, c’est une bonne nouvelle. Lundi, les produits anglais seront moins chers, et si vous achetez votre Iphone sur Amazon UK, il vaudra grosso-modo 10% moins cher.

Votre premier réflexe sera de dire : « Chouette ! A moi les bonnes affaires ! » Et en y réfléchissant, vous comprendrez que c’est aussi ce que vont se dire les vendeurs anglais.

Question importations, c’est le contraire, et donc, une fois les stocks épuisés, les Iphones anglais vont sans doute coûter un peu plus cher. Et encore pas sûr, car tous les produits à forte marge vont s’ajuster. En revanche, les produits anglais et made in UK vont eux profiter de cette aubaine, sans limite. même chose pour l’élevage, l’agriculture, les produits manufacturés sur place, et même les services concurrencés par la mondialisation (l’outsourcing informatique, par exemple). C’est donc, pour l’économie britannique et pour l’emploi, une excellente nouvelle. Sans compter que l’attrait provoqué par cette monnaie va, à terme, doper la demande de change en faveur de la livre et donc la faire remonter.

Pour les sujets de sa gracieuse majesté, cela ne changera pas grand chose non plus. Certes, le prix en hausse de certains produits importés peut générer un peu d’inflation. Mais c’est justement ce qui manque à l’économie Européenne aujourd’hui, un peu d’inflation pour générer une dynamique de croissance. La BCE à enrichi les banques de 1200 milliards d’Euros de monnaie de singe pour essayer d’obtenir un effet que le peuple britannique, dans sa grande sagesse, va provoquer par sa simple défiance envers Bruxelles.

Cela ne va donc pas, contrairement aux propos des corbeaux néo-libéraux, entrainer le moindre appauvrissement de nos voisins d’outre-manche, bien au contraire.

Dans ce concert d’inepties, j’ai même entendu que cette baisse de la livre allait entrainer une défiance des investisseurs ! On entendra tout et n’importe quoi.

Mon amie Lily a gagné 125 000 au Loto, l’heureuse femme. Elle avait dans l’idée de s’offrir un tout petit studio dans la banlieue londonienne, pour sa fille qui va y faire ses études. Seulement voila, à 100 000 livres, le 23 juin, il lui fallait débourser 130 910 € pour acquérir son petit paradis.

Par chance, les amis de Grande Bretagne ont voté et la livre a baissé. Au cours du 24 juin, il ne fallait plus que 123 190 € pour acheter le studio. Lily va donc investir et comme elle, des milliers d’investisseurs vont considérer la baisse de la livre comme une magnifique opportunité d’investissement.

Voila. Je crois qu’à présent, à la lumière de ces quelques exemples, vous comprendrez peut-être mieux ce qu’il en est réellement des conséquences du Brexit et vous pourrez constater qu’elles sont quelque peu différentes des sinistres augures que vous distillent à longueur de temps ceux qui, depuis trente ans, vous empoisonnent d’un discours économique qui n’est que la réincarnation des doctrines de la révolution industrielle, internet en plus.

Fred Thulier
Votre candidat en 2019, quand vous aurez fait la (R)évolution

Retrouvez moi sur http://www.chomeurs-solidaires.fr.

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